20.01.2010
Tel est pris qui croyait pris
Me voilà de retour à Vienne, après de longues semaines d'absence bien méritées. Un voile de neige durcie a embrassé la Cité, la rendant immobile. Les cours sont maintenant pour moi terminés, et pour la dernière fois les lourdes portes en acier brossé de l'université se sont fermées derrière moi. L'impolitesse quasi-féodale des autochtones m'avait aussi manquée. Ces gens-là ont bien compris qu'il était inutile de s'embarasser de formules hypocrites dans une mondialisation toujours plus féroce et pernicieuse, aussi urinai-je avec allégresse sur un restaurateur de renom afin de goûter aux baffes salvatrices et aux sévères rodomontades de son personnel. Chacun a bien entendu reçu un généreux pourboire, et je quittai la scène, heureux comme Dieu en France. La réalité est de fait toute autre et j'évite de trop m'exposer à l'opprobe, à quelques jours de rentrer dans la vie active. C'est d'ailleurs là que risquent de s'achever mes péregrinnations littéraires, au risque de devenir trop fantasques, voire inventées.
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03.12.2009
Saucisse et bière font souvent bon ménage
Oui, j'ai changé la présentation du blog suite à des plaintes tout à fait fondées, j'espère que ce format sera plus doux pour vos prunelles.
Je risque aux dernières nouvelles de rester quelques mois supplémentaires à Vienne-la-décadente, suite à un entretien de stage "succesful". Je me suis entretenu tant bien que mal pendant plus d'une heure en allemand avec le "boss" de la boite, un français vivant ici depuis quinze ans. Autant dire que son niveau était plus que correct. J'ignore les raisons qui l'ont poussé à me prendre, sans doute a-t-il vu en moi le jeune français déraciné qu'il était des années auparavant. Tout cela m'a fait prendre conscience du fait qu'li me faut maintenant emmagasiner un maximum de connaissances dans ce language abscons. Heureusement, j'ai trouvé la solution : TV5. Et oui, la chaine des francophones perdus à travers le monde propose pour ses programmes des sous-titres en allemand. Je me régale à coups d'épisodes de PJ, thalassa, et autres téléfilms français. Il faut bien dire que les programmes des chaines allemandes et autrichiennes sont en général de piètre facture. Cela regorge en effet d'émissions où un animateur aux talents d'acteur inexistants conjure les téléspectateurs de téléphoner afin de répondre à une devinette du genre :"Quel est cet animal que nous cherchons CASTO_ ?" Et pour ceux qu'auraient pas encore compris qu'il faut appeler, des alarmes sonnent dans tous les sens, des compte-à-rebours factices se déclenchent sans arrêt comme dans une fête foraine, sous la mine faussement dépitée du présentateur. Ou alors, on peut regarder Wien 24 après minuit, ou chaque jour à cette heure une caméra embarquée dans un tramway nous fait revivre un itinéraire quelconque, sorte de road-movie à la Godart. Au cas où la voix nasillarde qui parle à chaque arrêt nous manquerait.
Pour oublier ces émissions déprimantes, je pars quelquefois me sustenter d'un sublime hot-dog dont seul les autochtones ont le secret. Un choix de saucisses très éclectiques s'offre au client, Bratwurst, Burstenwurst, Käsekräner (saucisse fourrée au fromage fondu, un must), Currywurst, et j'en passe et des meilleures. Bien sûr, ce met demeurerait imparfait s'il n'était accompagné d'une modeste canette de bière d'une contenance de base de 50cl. Le retour à la réalité en France risque d'être bien brutal, et comment ne pas devenir mysogine ou populiste dans un pays où le consommateur est pris pour un gogo à qui l'on facture 4 euros un simple quart de litron de bibine? Et encore, il faut savoir se contenter d'un vieux fond de cuve de Maitre Kanter, alors qu'ici sont proposées des marques fortes d'une qualité et d'un savoir-faire unique, telles que la Pilsner Urquell ou cette bonne vieille Stiegl.
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02.12.2009
Glucôse
Après une semaine passée sans l'ombre d'un cours et sous celle des hauvents des cafés, il me faut bien redonner du coeur à l'ouvrage, où je vais passer pour un fainéant. Je dois avouer cependant que j'ai il y a peu passé un examen de marketing, et que cela s'est avéré catastrophique. Même si l'issue de ce contrôle ne sera pas vraiment déterminante quant à la réussite de mon semestre "aca-endémique", cela m'a peut-être donné un aperçu plus large à la fois de mes faiblesses dans la langue de Ferdinand Porsche ainsi que du niveau de l'université, dont je vais faire la description. Classée 16 ème en Europe et accréditée EQUIS (n'est-ce pas?), l'université d'économie de Vienne est une gigantesque structure d'acier et de tôle, un enchevêtrement erratique de couloirs, de câbles et de secteurs. Le bâtiment principal se divise en cinq étages et quatre départements. Par exemple, si j'ai cours en 5.12.B, cela signifie que je dois me rendre au 5ème étage, salle 12, secteur B. Et il y a moultes autres dépendances aux alentours, mais on se repère au final assez bien. Mais, je réalise que ce descriptif est rébarbatif et sans intérêt, alors je terminerai en annonçant qu'il y a des coins fumeurs (les cigarettes y sont en vente), et qu'on peut aussi se prendre une petite bière pour la pause de 10 heures si l'envie est là. Oui, le corps administratif a su créer au fil des années un système de confiance réciproque entre les acteurs du système pour maximiser l'optimisme et surfer avec brio sur les tendances de demain. Un peu à l'instar des lignes de transport viennoises qui communiquent ainsi "Die Stadt gehört dir" (la ville t'appartient). Enfin, parfois les publicités sont assez mauvaises et j'en ai aperçu un nombre important qui se répétaient. Quelques exemples :"Sicher ist sicher" ; "Eis ist nicht Eis" ou encore "Wein ist Wein", allez savoir... En tous les cas, les publicitaires ne manquent pas souvent de rappeller que leur boeuf ou leur fromage est 100% AUTRICHIEN, afin de rassurer le consommateur sur l'origine de son jambon ('manquerait plus que nos bonnes vieilles saucisses soient faites par des chinois), et de lui faire oublier que celui-ci est constitué d'eau et d'hormones aux trois-quarts, et provient d'un cochon probablement aveugle et incontinent.
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